Warum

Pierre Place


Quel âge as-tu, où vis tu et qui es tu donc ?

27 ans, j'habite à Paris, j'y suis né et ne m'en suis jamais éloigné, ou alors pas longtemps. J'ai grandi dans un environnement plus que propice puisque mon père, qui exerce le beau métier d'illustrateur, m'a toujours dit de ne pas me lancer dans ce boulot de con. Sur ses conseils avisés, j'ai donc passé quelques années à la cafétéria de l'université de Nanterre, puis me rendant compte que j'allais finir prof et donc devoir mettre des costumes de laine avec protèges-coudes de cuir, je suis entré aux arts décoratifs de strasbourg. Rapidement décontenancé par l'absence de paris autour de moi, je quittai l'école avant la fin de la première année et commençait à griffonner des petites histoires dans les cafés du dix-neuvième. 

Comment ce récit social a t'il vu le jour ?

Au Rallye s'est construit tout doucement, au départ il y avait un blog, ou je racontais la vie de mon quartier. De petites brèves avec des personnages récurrents parfois drôles, parfois tristes, souvent un peu des deux. J'ai mis un certain temps à me rendre compte que quelque chose se dégageait de ces histoires, glanées dans les petits cafés populaires de paris. Quand j'ai repris toutes mes notes pour créer la galerie de portrait du Rallye, je ne l'ai pas fait en me disant que ce serait un livre engagé, qu'il fallait parler de la misère aux portes de paris. Mon but était de rendre hommage aux gens qui faisaient vivre ces quelques rues du 19ème, avec le plus de simplicité possible ; de rendre compte, sans les trahir, de l'humanité qu'il y avait dans ces anecdotes...

J'aimerais bien sûr qu'il soit lu par les gens dont il parle, les sans boulot, sans papiers, les vieux qui tapent la belote au comptoir ; mais il faut voir que ces gens ont d'autres choses à faire : trouver du boulot, des papiers, ou faire le dix de der...

De quel autre œuvre  pourrait on rapprocher Au Rallye ?

Sans jamais prétendre pouvoir en atteindre la cheville, des histoires de Will Eisner sur New-York.

Eisner est une de tes principales références ?

Eisner, pour l'amour qu'il porte à ses personnages, son regard sur la vie qui l'entoure et sa maestria à retranscrire cette vie, ce foisonnement, en deux coups de crayons.

Une BO pour ton livre ?

Du bon Hip-Hop old school, ou de la vieille chanson réaliste, ou le bruit du percolateur au balto quand vous êtes pas encore bien réveillé.

Quels sont tes projets à venir ?

Un contes fantastiques en pays Inuit

Un petit mot pour finir ?

Vous achetez mon bouquin, je vous paye un Rapido au PMU du coin.